09/02/2018

IL Y A 35 ANS DEJA...... MORT ACCIDENTELLE DE DE BIE EN BRETAGNE

TRENTE CINQ ANS DEJA....

MORT DU PEINTRE EUGENE DE BIE EN BRETAGNE

 

Portrait phographique par Fernand Dumeunier

                      Portrait photographique par Fernand Dumeunier  (1899-1968) (*)

 

On apprend en France, la mort de notre compatriote Eugène De Bie, à la Clinique de Quimper, des suites d’un accident de la circulation qui s’est produit près de Pont-l’Abbé en Bretagne. Au cours de cet accident, Mme De Bie avait également trouvé la mort. L’artiste et sa compagne reposent au cimetière du Guilvinec où ils avaient une propriété.

 Le peintre Eugène De Bie é à Watermael-Boitsfort en 1914. Il descendait d’une famille frisonne dont le nom s’est illustré, dès le XVIIe siècle, dans l’histoire de la peinture flamande. Eugène De Bie avait étudié à l’Académie des Beaux-Arts dns les ateliers de Van Haelen et Anto-Carte, et, pendant deux ans, à l’Ecole du Louvre à Paris.

 Il se partagea, dès 1947, entre notre pays et la Bretagne à laquelle il voua toute sa vie un profond attachement spirituel.

 Eugène De Bie nous laisse le souvenir d’un peintre courageux qui a vécu de son art et de son idéal, et que le destin a brisé dans son automne.

 Extrait d’un article de Paul Caso

Publié dans LE SOIR du 1er septembre 1983

 

 

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Autoportrait à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles

 

Un des peintres contemporains les plus doués venait de disparaître...

On s'aperçoit de la grandeur réelle d'un chêne quand on le voit abattu. La place vide laissée par lui montre mieux encore sa grandeur. Il en va de même des hommes, et surtout des artistes et des poètes.

Peintre et poète, Eugène De Bie le fut intensément.

Sans doute, ne fallait-il  pas attendre sa fin tragique pour savoir qu'il appartenait à la race des grands. Mais la beauté et la richesse de son oeuvre prennent aujourd'hui une résonance émouvante et profonde.

En possession d'un métier d'une perfection rappelant celle des Primitifs Flamands, doué d'une imagination somptueuse au service d'une culture vaste et raffinée, Eugène De Bie a mis dans ses oeuvres une puissance créatrice où l'on retrouve l'imagination délirante d'un Jérôme Bosch allié à la grâce de Watteau évoquant des personnages de "la Commedia dell'arte". Ses parentés spirituelles se fondent harmonieusement dans les compositions de De Bie et leur confèrent une originalité rayonnante.

Jean-Robert Delahaut,Terre d'Europe Bruxelles-Paris-Genève, 1983.

 

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                                             Photo prise à RTL Luxembourg

 

...Etrange destin en vérité que celui de ce descendant d'une longue lignée d'artistes, connue depuis le XVIIe siècle ! Il avait trouvé dans son berceau, une technique éblouissante et le vieil héritage de l'art fantastique.

Isolé dans sa propre féerie, Eugène De Bie a imposé une interprétation  scénique et philosophique des passions humaines, en se souvenant du théâtre du Moyen Age, des antiques alchimistes, des fêtes du XVIIIe siècle et de l'angoisse de la mort qui a tout le symbolisme rituel dans l'Histoire de notre peinture, depuis les "Vanitas" des anciens maîtres jusqu'à la mort masquée d'Ensor.

Un mystère hantait Eugène De Bie : celui de l'éphémère passage de l'homme parmi tant de merveilles et tant de décombres. Sa composition "Le Secret" nous assure qu'il n'a pas voulu tout dire, au bout du voyage et de l'aventure, la mort se profile.

La Galerie Présences rend hommage au souvenir du peintre de "La Tentation de St-Antoine", de "l'Homme à la collerette" et du "Chevalier dans l'armoire". On songe au climat de certains films d'Ingmar Bergman, au "Septième sceau" et à "L'Heure du loup". L'oiseau squelette et le petit singe sont les témoins de sortilèges souvent inquiétants.

Arlequin et Don Quichotte accompagnant l'ombre du peintre-poète dans les dédales d'un domaine archaïque savamment construit, aux couleurs somptueuses, à moins que "La Marée noire" ne vienne les obscurcir comme le malheur étend son voile sur la passion de la vie.

Paul Caso, Journal "Le Soir" Bruxelles. septembre 1983

 

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Portrait photographique par Fernand Dumeunier

 

Il est grand temps cependant que l'on rende justice à ce peintre qui rénova le baroque et le fantastique avec une mesure et cependant une magnificence qui n'appartient qu'aux tout grands.

Humaniste fervent, Eugène De Bie eut toujours à coeur de placer l'homme au centre de sa démarche. Ses compositions nourries de personnages, où rien n'est statique, où tout au contraire semble s'animer, nous présentent un perpétuel spectacle où se meuvent saltimbanques, marionnettes, sorcières, truands et bourreaux. On rencontre là aussi des travestis, des joyeuses commères et des prostituées, d'étranges petites filles et des princes coiffés de feuilles et de coquillages.

Bien sûr, l'artiste ne s'est pas limité à cet univers de bateleurs où les attitudes sont accentuées et les gestes feints. Une part importante de son oeuvre se trouve consacrée aux sites de Bretagne, aux barques échouées, aux fermes ceintes de murs de pierre, aux petites chapelles rustiques torturées par le vent.

Il est bon qu'on le sorte d'un assez incompréhensible effacement. Sans doute De Bie fut-il trop modeste et se préoccupa-t-il trop peu de la promotion de son travail? On peut faire des choses remarquables, exceptionnelles même, mais cela ne suffit pas. Encore faut-il que d'autres le sachent. C'est à quoi s'emploient ceux qui l'ont connu et aimé.

Stépahne Rey, Echo de la Bourse, Bruxelles, Octobre 1987.

 

EUGENE DE BIE, OEUVRE DE JEUNESSE,BRUXELLES, LE GUILVINEC, JEMAPPE

Autoportrait à l'âge de 16 ans

Huile s/panneau

 

EUGENE DE BIE, CE GRAND MÉCONNU.

Peintre que l'on qualifierait volontiers de pathétique, De Bie nous a laissé une œuvre somptueuse et baroque, plongeant aux sources lourdes de sortilèges inavoués ou de rêves éveillés. Il nourrissait une passion certaine pour le fantastique puisé aux meilleures sources des maîtres anciens hantés par le bien  et le mal, par les diableries et l'enfer, par le merveilleux et le terrible. A mille encablures de certaines acrobaties surréalistes - pourtant reconnues et admirées - l'art d'Eugène De Bie était surtout la résurgence de tout un univers intérieur réel, servi par une technique remarquablement maîtrisée.

Désiré Roegiest, Bruxelles Plus - Mars 2000

 

 

EUGENE DE BIE, OEUVRE DE JEUNESSE,BRUXELLES, LE GUILVINEC, JEMAPPE, AUTOPORTRAIT

Autoportrait en Arlequin

Huile s/toile  ca 1970

 

 

(*)Fernand Dumeunier a réalisé le portrait de SM la Reine Fabiola,

portrait exposé dans les écoles et administration durant le

règne de SM le Roi Baudouin


 

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