26/01/2015

EUGENE DE BIE AURAIT EU CENT ANS EN MARS 2013

Nous reproduisions ci-dessous un très bel article écrit par Madame Janine Sandres-Bodenschatz, Directrice de l'ancienne galerie Bodenschatz de Bâle (Suisse), en hommage au peintre Eugène De Bie qui avait exposé, à plusieurs reprises, ses oeuvres dans la galerie Bodenschatz.

 Eugène De Bie

1914-1983

 

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Auto-portrait en Arlequin

Huile s/toile 60X50

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Auto-portrait à l'âge de 15 ans

Huile s/panneau - 28x21

 

Artiste de naissance, a dédié sa vie à l’Art. Créateur infatigable, à légal des plus grands, il trouva dans son berceau une technique éblouissante.  Précurseur du surréalisme, autant que de l’expressionnisme. Epris de baroque, sur la fin de sa vie, son interprétation fut plus pathétique, s’appuyant sur un symbolisme plusieurs fois millénaire de l’œuf brisé et de l’oiseau mort.

Eugène De Bie vous aviez deux visions du monde.

L’une qui se joue de la destinée avec pour toile de fond, des escaliers, des tréteaux, des drapés et des tiroirs secrets.

 

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Le grenier

Huile s/toile - 100x70

 

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Le Carrosse enchanté

Huile s/toile - 36 x46

L’autre, celle du pays de votre cœur. Une fenêtre basse s’ouvrant sur votre chère Bretagne, terre de légendes, de spiritualité et de mélancolie. L’austérité des Bretons, leur mode de vie teinté de courage fut un exemple pour vous, chaque jour. Confrontés à des éléments hors mesure, ces hommes avaient pour obsession d’apprivoiser la mort. Comme eux, cette peur vous poursuivra toute votre vie.

 

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La frayeur du marin

Huile sur toile 50X40

 

Un mystère vous hantait, celui de l’éphémère passage de l’homme parmi tant de merveilles et tant de décombres.

Votre œuvre est un mélange de l’union du Nord fantastique avec la rationalité latine.Vous avez médité plus sur les êtres et sur la nature que sur les idées.

C’est dans votre appartement exigu de l’Avenue Van Volxem à Forest-Bruxelles, dans ce salon qui vous servait d’atelier, que naîtront des œuvres d’une inventivité sidérante, nourries d’affirmations originales. Projection de vos rêves et de vos fantasmes. C’est de là aussi que reviendra, dynamisé, réduit à l’essentiel, votre « blanc »  aux multiples nuances.

Mais n‘était-ce pas la teinte franche des façades bretonnes où se reflétaient les ombres géantes des arlequins tristes qui dansaient autour des corolles aux feux de la Saint-Jean ou bien l’univers de pâleur symbole de votre quête vitale ?

Partagés entre érotisme et spiritualité, certains de vos personnages semblent écrire votre histoire personnelle. Vous êtes à la fois, montreur de marionnettes et de gens du voyage aux allures fières, si poignants dans leur malheur.

Eugène De Bie, vous êtes proche d’Erasme et de cet esprit de la Renaissance qui approuvait la folie.

Vous avez connu la douleur de la mort de votre fille Bernadette, puis la révolte et un sentiment d’injustice. Pétri d’angoisses devant le gouffre de votre existence et la peur de la mort, votre œuvre se dirigea de plus en plus vers le fantastique. Dans la religion, vous y avez lu l’expression de la misère réelle. Lorsque vous représentez le Christ en marin, parmi les marins, c’est à l’Eglise que vous donnez une leçon d’humilité.

 

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Le carrosse brisé

Huile sur toile - 120x160

Eugène De Bie, vous étiez un homme simple et cette simplicité vous permettait de parler de vos jours de misère et de pauvreté. Elle vous autorisait à mentionner la joie acquise par votre travail et votre foi en vos propres raisons. Vous étiez fier d’un succès tardif où s’incarnait pour vous la projection des certitudes à venir.

Grâce à votre œuvre, vous êtes présent parmi nous, avec vos tumultes, vos rêves et votre éternelle nostalgie du paradis perdu et que vous aviez retrouvé en Armorique. La mer s’en souvient, nous pouvons entendre les orgues de l’océan célébrer votre glorieux passage. Cet océan qui orna souvent la fenêtre de votre pauvre logis du Guilvinec.

Votre œuvre s’inscrit dans ce monde d’aventure spirituelle où la nef poétique met le cap vers l’inconnu. Vous aviez encore à dire. Vous n’avez pu le faire. Au bout de votre voyage, la mort s’est profilée. Ce voile sombre des passions de la vie que vous connaissiez si bien vous a recouvert, avec votre épouse, sur les routes du Finistère le 20 août 1983.

J. SANDRES – Bâle – Octobre 1999

 

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Tentation de Saint Antoine

Encre de Chine - 28x21

 

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 Le Mont fantastique

Encre de Chine - 50x60

 

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Groupe de femme

Gouache - 18x40

 

 

HOMMAGE AU PEINTRE EUGENE DE BIE

Chez Level 13 Europe à Ixelles

DU DIMANCHE 12 AU DIMANCHE 26 OCTOBRE
Uniquement les samedis et dimanches de 14h à 19h.

S’inscrivant dans une initiative qui vise à mieux se connaître entre Européens par la découverte d’artistes de l’Union européenne et des pays limitrophes, l’exposition propose un bel aperçu d’une œuvre originale et généreuse qui n’a pas pris une ride.

Il y a 25 ans disparaissait prématurément le peintre Eugène De Bie (1914-1983).

 

 

" Cet artiste inclassable, aux talents multiples, évoluait dans un univers qui mêlait, en une sorte de théâtre fantastique, les évocations d’une Bretagne qui lui était chère, les visions d’un monde mystérieux et parfois sulfureux mais aussi un attachement indéfectible à l’être humain. On peut admirer ses huiles et dessins dans le cadre d’une élégante demeure privée. " DP

 

Groupe de Masques


lavis - 31 x 21

 

 

Ensor n'est pas loin The attic


huile sur toile - 100 x 70

 

 

Mystères de ce théâtre aux coulisses peuplées d'ombres. Une voie s'ouvre vers la lumière, tout au bout du couloir. Un espoir. Ou la promesse d'un autre monde...

. Cette truculence un peu inquiétante e

 

04/09/2008

01/09/2008

La mort d'Eugène De Bie

la question qui vient à l'esprit : quel visage véritable

 

 

Voici la copie d'un article paru dans Le Soir du 1er septembre 1983 qui annonce le décès d'Eugène De Bie. il est de la plume de Paul Caso qui avait toujours suivi le travail du peintre

 

 

La colltion


huile sur toile - 46 x 61

 

Une scène bretonne qui magnifie à la fois le quotidien et la l'extraordinaire technique du peintre.

 

 

01/08/2008

 

Le carrosse brisé

huile sur toile - 120 x 160

 

Sans doute l'un des chefs-d'oeuvres du peintre où se retrouve son goût pour la composition et pour la superposition d'éléments hétéroclites qui contribuent à créer cette ambiance fascinante qui est l'univers de De Bie. On y a vu la préfiguration de l'accident de la route qui lui coûta la vie ainsi qu'à son épouse. Il est vrai que cette grande toile a un parfum funeste...

 

Tête de marin breton

huile sur toile - 50 x 40 cm

 

Quelle puissance d'expression. Il y a du Goya dans cette huile. Halluciné, le regard un peu fou, ce pêcheur semble en proie aux affres de la tempête, à moins qu'il n'ai entraperçu un montre marin, un récif trop proche ou entendu le chant de quelque sirène...

Dans ce registre, Eugène De Bie a réalise quelques morceaux de bravoure qui montrent combien il pouvait exploiter la couleur, les contrastes et l'alchimie de la matière pour rendre toute la complexité d'un visage bouleversé.

 

 

Exposition à la K Gallery du 20 juin au 7 septembre 2008 

 

Eugène De Bie disparaissait il y a vingt-cinq ans, victime d'un accident de voiture sur une route de Bretagne.

Pour marquer cette année d'une pierre blanche, la K Gallery organise un exposition d'hommage et partage son espace avec un autre artiste d'origine hongroise mais belge d'adoption, Tibor Dengyel.

Les deux artistes sont nés presque en même temps et ont tous deux réalisé une oeuvre importante par leur qualité, la diversité d'inspiration et la richesse de style. Deux personnalités fortes qui, tout en conservant leur ancrage dans la réalité, ont exploré les voies du mystère et les chemins du fantastique avec la même jubilation. Leurs oeuvres présentent aussi un intérêt commun pour l'être humain en général et dans son acception la plus large.

 

L'Archange

Lino - 43 x 35

 

Entre bien et mal, Eugène De Bie semble avoir du mal à choisir. Ses anges ont toujours quelque chose de diabolique ou d'inquiétant et ses démons fascinent par leur puissante beauté. Cette très belle lino montre combien l'artiste maîtrise le trait. En y regardant de plus près, on est plus proche de l'ange d'échu que de l'archange. Mais la frontière est si ténue...

 

 

Eugène De Bie par Stéphane Rey

 

On pense d'abord à des personnages de la comédie italienne, mais on s'avise qu'il y a autre chose que désinvolture, insolence et grâce du geste. Quelque chose d'inquiétant et de profond hante ces scènes où chacun - même s'il n'est pas masqué - dissimule son vrai visage,  se drape de mystère et donne à la cruauté la rassurante apparence de la douceur. Tout spectacle porte en soi sa tragédie et son secret. Eugène De Bie nous rend cela particulièrement sensible par un choix très recherché de coloris : blanc de céruse, vert de lierre, brun de bure, gris de plomb. On demeure à la fois déconcerté et inquiet.

 

Stéphane Rey, L'Echo de la Bourse", Bruxelles.

 

 

Ange ou démon ?

pastel - 62 x 44 cm

 

Personnage ambigu, sans âge même s'il en porte les marques... dans un décor chaotique, hétéroclite. Ces compositions ne sont pas rares dans l'oeuvre de De Bie. Elles sont le fruit d'une imagination débordante, d'un assemblages d'éléments disparates au premier abord. Drame ou parodie, on ne sait jamais trop bien. Même si l'artiste s'est plu à donner vie à des angoisses...

 

05/04/2008

Le sculpteur

 

 

Le sculpteur

huile sur toile - 33 x 45

 

Plongeant dans une sorte d'allégorie, le peintre donne ici l'image de l'artiste qui emprunte à la fois à l'art flamand et à l'art classique. Le profil du sculpteur s'impose par une sorte de dureté pensive. Mais ce qui fait assurément la force de ce petit tableau, c'est la beauté des mains, grandes et puissantes, qui s'attardent presque amoureusement sur l'oeuvre qu'elle viennent de créer.

 

03/04/2008

Eugène De Bie par Désiré Roegiest

 

EUGENE DE BIE, CE GRAND MÉCONNU.

Peintre que l'on qualifierait volontiers de pathétique, De Bie nous a laissé une œuvre somptueuse et baroque, plongeant aux sources lourdes de sortilèges inavoués ou de rêves éveillés. Il nourrissait une passion certaine pour le fantastique puisé aux meilleures sources des maîtres anciens hantés par le bien  et le mal, par les diableries et l'enfer, par le merveilleux et le terrible. A mille encablures de certaines acrobaties surréalistes - pourtant reconnues et admirées - l'art d'Eugène De Bie était surtout la résurgence de tout un univers intérieur réel, servi par une technique remarquablement maîtrisée.

Désiré Roegiest, Bruxelles Plus - Mars 2000

 

31/03/2008

Tête d'homme

 

 

Tête d'homme (vers 1944)

huile sur toile - 23 x 18

 

Une belle trogne comme Eugène De Bie en avait le secret. Sans verser dans la caricature, l'artiste fait un plan rapproché sur le visage, accentuant la force du regard, la rudesse de la physionomie dans des tonalités rougeoyantes qu'on retrouve fréquemment dans les oeuvres de cette époque. Saisissant...

 

28/03/2008

Eugène De Bie par Denis Coekelberghs

Le texte qui suit est sans doute l'un des plus beaux et des plus pertinents qui ont été écrits sur l'oeuvre d'Eugène De Bie. Il figure dans l'introduction de l'importante monographie parue en 1987.

Paul Caso, Alexis Gloaguen et Denis Coekelberghs, "Eugène De Bie", Bruxelles, 1987, Les Editeurs d'Art associés, 239 pp.

 

Affirmer qu'Eugène De Bie débordait de talent ne demande pas de démonstration: il suffit de regarder ses oeuvres pour y reconnaître une richesse d'invention inépuisable, une maîtrise technique totale - qu'il s'agisse d'un dessin à la mine d'argent, d'une toile à l'huile ou d'un pastel - , une rare sûreté de trait. Tout semblait à la portée de cet artiste qui aurait pu choisir une carrière facile, brillante et académique si sa virtuosité innée n'avait pas été tempérée, contrôlée, sans cesse remise en question par une exigence personnelle sans pitié.

Il ne peut être question ici de décrire par le menu ce qui a fait la vie quotidienne de l'artiste : ces quelques jalons, recueillis de sa bouche, saisis au vol au cours de conversations inépuisables et passionnantes, ne veulent être qu'une première approche, nécessaire - et suffisante espérons-le - pour connaître et comprendre l'art de De Bie.

Que celui-ci, "artiste de naissance", n'ait pas à apprendre grand'chose de l'enseignement artistique ne surprend pas. Quelques noms l'ont toutefois marqué dans sa jeunesse, celui du Gantois J.Verleye par exemple, qui venait à l'Ecole St-Luc de Mons trois fois par semaine pour faire réellement travailler et participer ses élèves à l'exécution de tableaux et à leur inculquer les bases de la composition, alors que lui-même n'exposa jamais. De son passage à l'Académie de Bruxelles, De Bie préférait manifestement évoquer son camarade de virée Nicolas de Staël, plutôt que ses classes. Aussi s'empressa-t-il à l'époque de saisir l'occasion qui se présentait à lui pour s'inscrire aux Beaux-Arts et à l'Ecole du Louvre à Paris. Là, ses promenades quotidiennes à travers ces collections séculaires le mènent régulièrement devant la "Bataille de San Romano" de Paolo Ucello dont la géométrie le fascine. Sans doute devant ce chef-d'oeuvre de la Renaissance aurait-il fait sienne cette vérité quattrocentesque :"La pittura è cosa mentale" ! C'est alors en tout cas qu'apparaît avec évidence pour De Bie l'absolue nécessité de contrôler par la raison son imagination débordante et ses fantasmes les plus brûlants. C'est pourquoi le jeune artiste  -  il n'a qu'une bonne vingtaine d'années - , insatisfait de son travail,  ne cesse de détruire ses toiles. Il en garde cependant quelques-unes qu'il exposera notamment avec ses amis du groupe Nervia à Mons : Buisseret, Devos, Navez, Wallet, etc. Un grand dessin au fusain, une "Piétà" dramatique et noire comme un charbonnage en deuil, dans la grande lignée de Constantin Meunier, rappelle la dureté de cette période. Car c'est très vite le service militaire qui s'impose, puis la mobilisation et la guerre, les combats jusqu'au bout..."Les marins à la barre" d'un navire - d'un De Bie ? - désemparé sont le souvenir de ces inquiétudes et de ces horreurs. Mais De Bie entrevoit-il déjà dans cette grisaille la lumière incomparable de la Bretagne qu'il allait découvrir, émerveillé, en 1947 ? Accompagné de sa famille, il part au Guilvinec qui deviendra sa seconde patrie. C'est le coup de foudre pour ce bout du monde, le Finistère, où la mer, la terre et le ciel se confondent. D'emblée la palette de De Bie s'éclaircit, son observation des couleurs et des sonorités ambiantes se traduit en des jeux de formes et le conduit à l'abstraction. Mais il n'en est pas satisfait : il détruit, et à partir de ses compositions abstraites, il veut reconstituer non pas la réalité, mais sa réalité, son univers à lui, ce monde que sans cesse mais sans jamais se répéter, il fixe sur ses toiles et dont les illustrations de sa monographie sont le témoignage.

La Bretagne, dont De Bie ne manquait jamais de louer l'accueil et le goût spontané pour les arts, lui permit incontestablement de se réaliser et de trouver, petit à petit, le chemin du succès sans qu'il renonçât pour autant à ses perpétuelles remises en question. Aussi sera-ce pour lui, en 1952, un encouragement fou de voir Picasso arrêté devant une de ses toiles à la Galerie de Lyon dirigée par Rufin qui l'avait remarqué lors d'un passage à Quimper. Désireux de faire la connaissance de son auteur et surtout de le voir travailler, Picasso invita De Bie à Vallauris. De Bie gardait de ces moments un souvenir d'autant plus marquant que son hôte remaniait à cette époque ce hurlement silencieux et profondément tragique qu'est "Guernica"... Plus tard, c'est une rencontre avec Cocteau à Paris qui éclairera la carrière de De Bie qui entrera également à la Galerie Charpentier pour laquelle il peindra en toute liberté, détail qu'il convient de souligner et d'apprécier. Depuis lors, les qualités de De Bie se voient de plus en plus largement reconnues - ses nombreuses expositions énumérées ci-après en font foi - et son activité créatrice ne connaît pas de repos, partagée entre sa Bretagne libératrice et Bruxelles, où malgré tout, il garde ses racines.

Faut-il au terme de cette rapide évocation de la "vie" de De Bie, situer le peintre par rapport aux courants qui traversent l'Histoire de l'Art? L'exercice est toujours un peu vain et toute classification abusive. Aussi se bornera-t-on à écarter l'étiquette surréaliste qu'il refusait lui-même avec force, pour lui préférer celle de fantastique. Il aimait aussi se définir comme baroque : on le suivra volontiers, dans la mesure où son art, comme celui des vrais baroques, n'a de désordonné que l'apparence. Car rien n'est laissé au hasard chez De Bie : de la première esquisse crayonnée et abstraite qui s'impose à lui comme une musique et qu'il accompagne de mots, jusqu'à l'oeuvre achevée, il y a chaque fois - comme en parallèle au déroulement de sa carrière linéaire - un remarquable cheminement soigneusement élaboré. Complexe, le style de De Bie l'est assurément. Il ne fait pas de doute que le trait le plus essentiel de son génie se trouve dans sa capacité de soumettre (dans le sens de proposer) son puissant imaginaire à une raison directrice.

En d'autres mots, on peut dire que dans son oeuvre se trouve en quelque sorte l'union entre le Nord fantastique et la rationalité latine.


Denis Coekelberghs
Docteur en Histoire de l'Art

 

 

21/03/2008

La chapelle Notre-Dame de la Joie

 

La chapelle Notre-Dame de la Joie

huile sur toile - 74 x 92 cm

 

Et voilà que surgit la Bretagne. Sous un ciel toujours en mouvement, charriant de lourds nuages, une procession s'organise sur le parvis de la chapelle. Une chapelle battue par les vagues et le vent qui assure comme un transition entre l'homme et l'océan, entre la terre et l'eau, entre l'humain et le divin.

Les oeuvres bretonnes d'Eugène De Bie possèdent une rugosité un peu terreuse qui s'illumine fréquemment de rehauts de blanc ou de couleurs, comme ici les coiffes des femmes et ce toit orange sur la droite du tableau.

 

20/03/2008

Une Pieta d'Eugène De Bie dans les collections du Vatican

 

 

Pietà bretonne

gouache - 50 x 65 cm

 

Un événement dans la postérité de l'œuvre d'Eugène De Bie


Une œuvre du peintre belge Eugène De Bie fait désormais partie des collections du Vatican. Il s'agit d'une « Pietà en Bretagne » peinte à la gouache dans les années soixante (50 x 65 cm ) qui a rejoint, il y a quelques semaines, les collections prestigieuses de la cité vaticane. Une belle reconnaissance pour l'artiste disparu en 1983 et dont l'œuvre compte quelques pièces d'art religieux qui avaient été réunies en une exposition thématique à la Basilique de Koekelberg (Bruxelles) en 1992, exposition dont le catalogue avait été préfacé par Mgr Danneels.

D'autres œuvres d'Eugène De Bie figurent déjà dans plusieurs édifices religieux d'Europe : une Croix monumentale en l'église Sainte-Marie-Mère-de-Dieu à Forest (Bruxelles), un Chemin de Croix en l'église Saint-Martin à Jemappes (Belgique), tous deux classés par l’IRPA « Institut Royal du Patrimoine Artistique de Belgique » , un Christ en croix dans la Chapelle de l’Ecole Sainte-Thérèse d’Ergue-Armel (Bretagne/France), une tête de Christ couronné d'épines au Couvent des Religieuses Trinitaires de Valence (Genève/Suisse) ainsi qu'un Saint-François en la cathédrale de Tempio (Sardaigne/Italie).

On sait combien la découverte de la Bretagne a été décisive dans le parcours personnel et artistique d'Eugène De Bie. La vie rude des pêcheurs, les paysages battus par l'Océan et le vent, mais aussi l'empreinte d'innombrables légendes et l'omniprésence des témoins de l'histoire religieuse, les calvaires notamment, ont eu un impact certain sur l'imaginaire du peintre. La « Pietà » vaticane appartient à cette veine bretonne et renoue avec une narration qui situe la vie du Christ dans un contexte local et non plus historique, d'où son appellation de « Pietà bretonne ». Loin des évocations emphatiques et militantes, la « Pietà » de De Bie s'attache à évoquer l'affliction en une scène intime dont certains protagonistes affirment clairement, par leur costume traditionnel, la transposition d'un moment de la vie du Christ en une autre époque et un autre lieu. Par sa composition claire et enlevée, des couleurs limpides et sa dynamique ascensionnelle, la « Pietà bretonne » donne une vision à la fois intimiste et puissante des souffrances du Christ.

 

19/03/2008

Chronologie


Voici quelques éléments de chronologie de la vie et de l'oeuvre d'Eugène de Bie. Cette page sera progressivement complétée d'autres éléments. Une autre page sera consacrée aux expositions et aux manifestations posthumes.

 

10 mars 1914
Eugène De Bie naît à Watermael-Boitsfort (Bruxelles).
Origines hollandaises et wallonnes. Enfance à Jemappes/Mons, dans le pays minier.
Prend conscience très tôt de sa vocation de peintre.

1933
Entre à l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.

1934-1936
Etudie à Paris où il fréquente pendant deux ans l'École du Louvre.

1947
Premiers voyages en Bretagne, à Paimpol et Loguivi-de-la-Mer, puis au Guilvinec.

1947-1960
Quitte la Belgique et s'installe au Guilvinec (Bretagne), sa terre d'élection. Sa peinture prend
son essor.

1960
Retour à Bruxelles et se lance dans la grande composition. Chaque été, les De Bie retournent au Guilvinec.
Courts séjours à Paris, en Provence, en Sardaigne et en Suisse.

7 juillet 1983
Marthe et Eugène De Bie sont victimes d'un terrible accident de la route, près de Sainte-Marine
(Sud-Finistère-France). Le peintre survit à son épouse jusqu'au 20 août 1983. Il s'éteint à
l'hôpital de Quimper. Ils reposent dans le petit cimetière du Guilvinec (Bretagne).




 

 

 

En guise d'introduction

Bienvenue sur le blog dédié au peintre Eugène De Bie. Voilà quelques temps que mûrit l'idée de consacrer un blog à cet artiste aux multiples facettes qui nous a quitté voilà tout juste vingt-cinq ans, victime d'un accident de la route en Bretagne. Il était alors dans sa soixante-neuvième année et avait la tête encore pleine de projets.

Car la maturité n'est pour l'artiste qu'une deuxième jeunesse. Une jeunesse qui lui permet d'aller plus loin encore, d'explorer des voies inconnues ou d'approfondir les chemins qu'il a déjà empruntés.

L'oeuvre d'Eugène De Bie est familière et fascinante à la fois. Sans doute parce qu'elle possède une dimension spirituelle qui n'a cependant jamais occulté son ancrage dans le quotodien et cet intérêt sincère pour les gens, soient-ils d'ici, de Bretagne ou d'ailleurs.

 

 

 

 

                 

Ce blog vous propose de découvrir l'univers d'Eugène De Bie à travers son oeuvre bien sûr, mais aussi à travers des textes, des témoignages. On y trouvera également des données plus biographiques, une liste des principales expositions et la mention d'oeuvres figurant dans les collections officielles.

Enfin, nous espérons que le blog suscitera vos réactions et qu'il puisse permettre de conserver un peu de la mémoire de ce grand artiste.